Peut-on acheter une voiture diesel en 2025 sans perte brutale ?

Voiture diesel en 2025 : analyse de la valeur, données chiffrées, risques de perte et tendances du marché pour les spécialistes.

En 2025, la question de l’achat d’une voiture diesel divise les experts automobiles. Autrefois dominante, cette motorisation subit une chute libre en Europe, avec seulement 10,4 % de part de marché sur les ventes neuves en septembre 2024, selon l’ACEA. Les normes environnementales, comme la CAFE (81 g/km de CO2), et les restrictions dans les ZFE (Zones à Faibles Émissions) pèsent lourd. Pourtant, le moteur diesel reste majoritaire sur le marché de l’occasion, avec 46,9 % des transactions en France en 2024 (NGC-Data). Cet article examine si investir dans une voiture diesel en 2025 expose à une perte de valeur d’une voiture brutale. Il analyse les tendances du marché, les performances économiques, les contraintes réglementaires et les perspectives de revente. Destiné aux spécialistes, il s’appuie sur des données précises pour une évaluation technique et pragmatique.

Peut-on acheter une voiture diesel en 2025 sans perte brutale ?

Le contexte actuel du moteur diesel en 2025

Le moteur diesel traverse une crise profonde en 2025. En Europe, les ventes de voitures neuves à gazole ont chuté de 23,5 % en septembre 2024 par rapport à 2023, selon l’ACEA. En France, la part des immatriculations neuves est tombée à 12 % sur l’année 2024, contre 50 % il y a dix ans (CCFA). Cette désaffection s’explique par des normes strictes. La réglementation CAFE impose aux constructeurs un seuil de 81 g/km de CO2 pour les véhicules neufs, contre 95 g/km avant 2025. Les diesels, même modernes, peinent à rivaliser avec les hybrides (32,8 % du marché) ou les électriques (17,3 %).

Sur le marché de l’occasion, la situation diffère. Les voitures diesel représentent encore 46,9 % des ventes en France en 2024, selon NGC-Data. Leur prix moyen s’établit à 30 326 €, en baisse de 1,4 % par rapport à 2023 (AutoScout24). Cette stabilité relative attire les gros rouleurs, notamment pour les SUV comme le Peugeot 3008 (91 105 unités vendues en 2023). Cependant, la menace des ZFE, interdisant les Crit’Air 3 dès 2025 dans certaines villes, plane. Les diesels récents (Euro 6d, post-2019) restent autorisés, mais leur avenir s’assombrit. Les constructeurs, comme Renault, abandonnent progressivement cette motorisation, limitant l’offre neuve et impactant la perception de la valeur d’une voiture diesel.

Les facteurs influençant la valeur d’une voiture diesel

La valeur d’une voiture diesel en 2025 dépend de plusieurs paramètres techniques et économiques. D’abord, la décote. Une voiture neuve perd 20 à 25 % de sa valeur la première année, mais pour le diesel, ce taux grimpe à 30 % sur trois ans pour des modèles comme la Fiat Tipo (60 % en trois ans, selon iodines.fr). Les raisons ? Une demande en baisse et une concurrence accrue des hybrides.

Ensuite, les coûts d’exploitation. Un moteur diesel consomme moins : 5,5 l/100 km en moyenne pour une Peugeot 308 BlueHDi, contre 7 l/100 km pour une essence équivalente. Avec un gazole à 1,60 €/l en mars 2025 (estimation UFIP), contre 1,80 €/l pour l’essence, l’économie reste tangible sur 20 000 km annuels : 1 760 € contre 2 520 €.

Les restrictions jouent aussi. En France, 11 ZFE bannissent les Crit’Air 4 dès janvier 2025, touchant les diesels pré-2011. Les Euro 6d (post-2019) échappent à ces interdits, mais leur revente s’annonce complexe. Enfin, la fiabilité impacte la cote. Les diesels modernes, avec FAP et AdBlue, affichent des pannes coûteuses : un injecteur à 500 €, un FAP à 1 200 €. Ces frais rebutent les acheteurs d’occasion, accélérant la perte de valeur.

Les risques de perte brutale pour une voiture diesel

Acheter une voiture diesel en 2025 comporte des risques mesurables. Sur le marché de l’occasion, la surabondance de modèles diesel (490 000 annonces sur Le Parking en 2024) tire les prix vers le bas. Une Renault Clio Blue dCi 2023, vendue neuve à 22 000 €, se négocie à 15 000 € avec 30 000 km, soit une perte de 32 % en deux ans.

Les évolutions réglementaires aggravent ce phénomène. L’Union européenne vise 50 g/km de CO2 d’ici 2030, rendant les diesels obsolètes. En France, le malus CO2, abaissé à 113 g/km en 2025, frappe les diesels neufs (exemple : Peugeot 3008 BlueHDi, 130 g/km, malus de 2 400 €). Les acheteurs se détournent, préférant des hybrides comme la Toyota Corolla (89 g/km, malus nul).

La revente pose un autre problème. Les diesels Crit’Air 2 (2011-2019) perdent 10 % de valeur annuelle dans les ZFE, selon AutoScout24. Un Volkswagen Tiguan 2.0 TDI 2018, coté à 20 000 € en 2023, tombe à 16 000 € en 2025. Cette dépréciation rapide menace tout investissement, surtout pour les modèles anciens ou peu demandés.

Peut-on acheter une voiture diesel en 2025 sans perte brutale ?

Les alternatives et perspectives pour 2025

Face au moteur diesel, les alternatives gagnent du terrain. Les hybrides non rechargeables dominent avec 32,8 % des ventes neuves en Europe (ACEA, septembre 2024). Une Toyota C-HR (135 kW, 184 ch) consomme 4,9 l/100 km et conserve mieux sa valeur : -45 % en cinq ans, contre -55 % pour une Opel Astra diesel. Les électriques progressent aussi, mais leur décote reste élevée (Renault Zoe : -65 % en cinq ans).

Pour les gros rouleurs, le diesel garde un sens économique. Un Ford Tourneo Connect 2.0 EcoBlue (90 kW, 122 ch) affiche 5,8 l/100 km et un coût annuel de 1 856 € sur 20 000 km, contre 2 304 € pour une version essence. Les modèles récents (Euro 6d) résistent mieux à la décote : un Peugeot 3008 2023 se revend à 28 000 € en 2025, soit -20 % en deux ans.

Cependant, le marché évolue vite. Les constructeurs réduisent l’offre diesel, et les acheteurs privilégient les motorisations propres. Investir dans une voiture diesel exige une analyse fine : usage, kilométrage, et horizon de revente. Sans cela, la perte de valeur d’une voiture pourrait dépasser les 50 % d’ici 2030.

Verdict : un choix risqué mais calculable

Acheter une voiture diesel en 2025 n’est pas absurde, mais les risques de perte brutale sont réels. Pour un usage intensif (plus de 20 000 km/an), un modèle Euro 6d comme la Skoda Octavia TDI (5,5 l/100 km, cote stable à -25 % en trois ans) reste pertinent. Les économies de carburant compensent partiellement la décote.
Mais les signaux sont clairs : le moteur diesel perd du terrain. Les ZFE, le malus CO2 et la concurrence des hybrides accélèrent sa chute. Un achat en 2025 peut se justifier à court terme, mais à long terme, la valeur d’une voiture diesel s’effondrera, surtout après 2030. Comparée à une Mazda CX-30 essence (139 kW, -40 % en cinq ans), l’option diesel devient douteuse. Pour un spécialiste, le calcul est simple : privilégier un diesel récent si le kilométrage annuel le justifie, sinon opter pour une hybride ou attendre les électriques abordables.

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